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Non, votre communauté n’est pas sur Instagram

par | 18 Fév 2022 | Technique & outils

Ahum. Comment dire. Ne partez pas, et donnez-moi une chance de m’expliquer !

Lorsque je parle de communauté, la première réponse que j’obtiens, généralement, c’est :

« Ah oui, j’ai une communauté de 5000 personnes sur Instagram ! »

C’est le moment où je souris nerveusement, parce que je sais que je vais devoir dérouler une liste d’arguments pour expliquer pourquoi je ne considère pas ça comme une communauté.

Certes, on chipote sur la terminologie, sauf qu’en réalité le problème n’est pas tant le mot, mais le sens qu’on lui attribue.

Quand on englobe 5000 abonné·e·s sous le terme de « communauté », c’est souvent parce qu’on n’a aucune idée qu’il existe un autre type de communauté, celle avec un grand C.

Alors communauté ou Communauté : comment et pourquoi faire la différence ? Et pourquoi une communauté n’est pas une Communauté. 👀

On parle de Communauté avec un grand C

Bon ok. On peut désigner l’ensemble des personnes qui vous suivent en ligne comme une communauté. Mais c’est une communauté avec un petit c.

Ce concept a été formalisé par Commsor, l’entreprise américaine à l’origine de The Community Club, du site Community Led et de la formation C School.

Leur “théorie” s’appuie sur le fait qu’il existe deux types de communauté :

les Communautés avec un grand C (Capital C Communities en anglais) ;
et les communautés avec un petit c, c’est à dire le terme qu’on utilise pour se référer le plus souvent à une audience sur les réseaux sociaux, une liste emails, etc.

L’objectif de l’acronyme CAPITAL est de mettre en avant différents éléments qui nous indiquent si une communauté en est une au sens de :

Un groupe de personnes aux intérêts communs, rassemblées en un lieu, qui avancent vers un but similaire.

Chaque lettre correspond ainsi à un élément qui constitue ce type de communauté. Sans entrer dans les détails de chacune d’entre elles (vous pouvez retrouver l’article en anglais juste ici), je vous résume les principaux concepts.

Une Communauté n’est pas un mot magique

On entend souvent parler de communauté pour désigner :

les abonné·e·s d’une newsletter ;
celles et ceux d’un compte Instagram ;
ou encore un programme de parrainage.
Le mot communauté, ça fait classe. Ça donne un sentiment de proximité, et on s’imagine tout de suite faire partie d’un groupe un peu spécial. Sauf que la plupart du temps, lorsqu’il est utilisé uniquement à des fins marketing, il en devient vide de sens.

Aka quand tu reçois un mail de ta banque qui t’invite dans sa “communauté de bêta-testeurs” pour leur nouvelle app. Pour au final n’avoir 1) qu’une communication unilatérale à base de formulaires, 2) aucune idée de qui sont les autres membres et 3) aucune option pour échanger avec eux.

Une Communauté n’est pas un concept flou

Elle s’appuie sur du tangible. On doit être en capacité de concevoir sa fiche d’identité car elle a, entre autres :

  • des objectifs concrets, à la fois pour les créateur·rice·s et pour les membres ;
  • un lieu spécifique où les membres peuvent se retrouver (Circle, Discord, Slack, …) ;
  • et une typologie de membre bien définie : on sait qui en fait partie ou non

Une Communauté est interactive

Pour en revenir à l’exemple de l’application bancaire : la communauté de bêta-testeurs ne permet en rien l’interactivité.

Les membres n’ont aucune possibilité pour échanger avec l’équipe ou même entre eux.

Sauf qu’une Communauté se doit d’être interactive. Son fondement même est de permettre à ses membres de tisser des liens pour discuter, apprendre ou même agir ensemble.

Une Communauté est centrée sur les membres

Une Communauté ne croît pas, elle grandit.

Ainsi, on ne cherche pas à tout prix à rassembler des milliers de membres, mais à chérir et chouchouter dans un premier temps celles et ceux qui sont déjà présents.

L’équipe et les membres, et les membres entre eux, entretiennent d’étroites relations basées sur le partage, la confiance et le respect mutuel. Il ne s’agit pas d’atteindre une courbe exponentielle d’inscriptions.

Dans une Communauté, on cherche à répondre aux besoins d’un groupe de personnes aux intérêts communs. Ces personnes entrent et sortent volontairement de ce groupe : elles choisissent de faire partie de la communauté.

Ne pas “respecter” ces éléments ne signifie pas que votre communauté n’en est pas une, ou qu’elle n’a pas de valeur. La police du community building ne viendra pas frapper à votre porte.

👉 Dans ce cas, en parlant de communauté, vous vous référez probablement à votre audience.

Et bien qu’une audience et une communauté soient complémentaires, il est important de savoir les distinguer l’une de l’autre. La stratégie sur laquelle elles s’appuient diffère, et vous n’obtiendrez pas les résultats souhaités si vous les mélangez.

Audience vs Communauté, c’est comme cours magistral vs travaux pratiques

Mon analogie préférée pour expliquer la différence entre une communauté et une audience, c’est celle de la fac.

Partons de ce principe : à l’université, on se retrouve souvent avec deux types de cours :

  • les cours magistraux en amphi avec 200 étudiant·e·s ;
  • et les travaux pratiques (ou dirigés), en classe, avec un plus petit groupe.

Chacun de ces cours comporte des caractéristiques qui lui sont propres.

Une audience écoute le cours

De par sa définition, une audience désigne une assemblée à laquelle on s’adresse. C’est un groupe de personnes qui porte de l’intérêt à un sujet / une personne.

👉 Notre audience, ce sont les 200 étudiant·e·s en amphi, qui écoutent et portent de l’intérêt au cours qui est donné.

👉 Le cours représente tous les contenus qu’on peut diffuser sur nos réseaux sociaux, notre site, ou encore notre newsletter.

L’approche est descendante puisqu’il est question d’un·e sachant·e qui transmet ses connaissances à des apprenant·e·s.

Dans ce cas de figure, il y a peu de place pour :

  • la discussion. On est plus dans une logique d’assimilation ;
  • les questions qui aboutissent à de longs échanges. Les étudiant·e·s ont la possibilité d’interagir avec le ou la professeur·e, mais les échanges entre eux sont assez limités ;
  • les contenus apportés par les étudiant·e·s eux-mêmes. Encore une fois, on est dans une approche descendante.

Les membres d’une communauté créent en partie le cours

A l’inverse, les travaux pratiques offrent plus de liberté pour s’exprimer, interagir et apprendre les uns des autres.

Les étudiant·e·s créent leur propre matière pour faire avancer le cours et les débats, à mesure qu’ils apprennent des expériences et connaissances de chacun·e. C’est ainsi qu’ils entretiennent le cercle vertueux des échanges et de l’apprentissage mutuel. Idem pour les membres d’une communauté, donc.

❌ Mais pour que ça fonctionne, on ne peut pas mettre les 200 étudiant·e·s ensemble dans la même pièce.

Admettons que le cours magistral porte sur la psychologie, et qu’il soit donné à une promo très hétérogène. Certains élèves ont pris l’option psychologie au moyen-âge, d’autres l’option psychologie moderne.

(je n’ai pas fait psycho, vous me pardonnerez pour ces exemples pourris)

Nos travaux pratiques, aujourd’hui, portent sur l’étude approfondie de la thérapie d’un patient au moyen-âge. On ne va pas dire aux 30 ou 40 étudiant·e·s en option psychologie moderne de venir à ce cours. Ils se sentiront perdus et pas vraiment à leur place.

Eux auront leurs travaux pratiques le lendemain, avec un·e autre prof, pour étudier la thérapie contemporaine d’un patient.

Eh bien dans une communauté, c’est pareil.

Bien que votre audience soit le point de départ de votre communauté, vous ne convertirez jamais vos 5000 abonnés Instagram en membres.

Parmi ces 5000 abonnés, certains ont pris l’option communauté, d’autres pas. Tout simplement parce qu’ils ont des envies et besoins différents.

Morale de l’histoire : intégrez des travaux pratiques à votre business…

… mais ne pensez pas y rassembler la totalité de votre audience.

🤝 J’insiste néanmoins sur le fait que les deux “stratégies” sont complémentaires. Il n’y a pas d’option meilleure que l’autre, ni de métier plus utile que l’autre.

Ce que vous développez sur vos réseaux et l’audience à laquelle vous vous adressez sont les fondations de ce que vous construirez demain pour votre communauté !

Après tout, on a besoin de la théorie pour pouvoir rentrer dans le concret : votre audience est à votre communauté ce que les cours magistraux sont aux travaux pratiques. 😉

Et si vous vous demandez si vous devriez ou non créer une communauté maintenant, je vous invite à aller lire ces deux articles :

Pourquoi créer sa communauté d’apprentissage ?

3 raisons de ne pas créer votre communauté privée

Si vous êtes arrivé(e) au bout de cet article, je vous dis bravo et merci ! Je sais que c’était un sacré morceau mais j’espère que vous y voyez plus clair désormais ! 🤪

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